8 mai 2010

De quessé?!

L'article de Pierre Foglia ce matin m'a ramené en arrière.

L'année dernière, j'ai passé 7 mois à enseigner en secondaire 5 le fameux cours d'éthique et de culture religieuse.  Regarder leur expression quand on leur parle de religion, d'éthique et de culture?  Priceless. 
Malgré tous mes efforts pour créer un cours plus percutants, plus près de l'actualité, plus politique, il y en avait toujours pour embarquer et d'autres prêts à tout gâcher.  Une classe normale quoi.

L'article de Pierre Foglia traite de culture générale.  Cette notion qu'on ne doit pas seulement apprendre des «connaissances utiles», mais s'arrêter et se retrouver avec une curiosité face à ce qui nous entoure.  Être capable de formuler des critiques.  Être en mesure d'argumenter, de défendre une idée.

Dans mon enthousiasme délirant de "trip de nouvelle prof", je m'étais donnée comme mission de discuter avec mes élèves.  C'était toujours les cours les plus stimulants, et pour eux et pour moi.  On s'est donc arrêté pendant 45 minutes sur l'importance de la culture générale.

Oh boy...

Autant certains élèves étaient sensibles à cette notion et comprenaient son importance, autant ceux qui s'en fichaient restaient hermétiques à toute argumentation.    

« Moi, ce que je veux apprendre, je veux que ça me serve dans la vie.  Dans le fond, j'aurais juste à arrêter maintenant mes études, apprendre mon métier et je pourrais  très bien vivre.  Pas besoin de français, franchement, je ne vais pas devenir écrivain.  Et sans vouloir vous vexer, on n'a pas plus besoin du cours d'éthique et culture religieuse. »

Tout d'abord, je ne suis pas du tout vexé.  Mais le cours est obligatoire anyway, alors tu vas devoir le suivre.  Ensuite, tu as mis le doigt sur le bobo, tu vas pouvoir « très bien vivre ».  Mais où sera la richesse dans ton existence?  Que vas-tu y comprendre exactement? 

Ok, j'arrête, ça m'enrage ce débat. Ça doit être le manque de sommeil qui me rattrape...


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